COMMENT FINANCER NOTRE PROGRAMME MUNICIPAL

Publié le par Beziers Citoyens à Gauche

COMMENT FINANCER NOTRE PROGRAMME MUNICIPAL
(sous la forme d'un entretien imaginaire)



1ère question : Ce que vous proposez, en particulier dans le domaine social (logement, services publics,municipalisations,enfance,vieillesse...)représente des dépenses importantes.Comment financer tout cela?

    Il y a deux niveaux de réponse.
 Au niveau local, on peut dire que dans le cadre du budget actuel (143 Millions d'euros) en 2008 nous dépenserions autrement, que nous annulerions certaines dépenses pour en créer d'autres.

    Mais il faut considérer les choses à un autre niveau car il est évident que le coût de ce que nous proposons est tel que l'on ne peut trouver les ressources financières nécessaires au niveau local et dans le cadre de la fiscalité actuelle.


2ème question: Mais même élu, vous n'avez pas le pouvoir de changer les lois fiscales et de façon générale le cadre juridique national.


Bien évidemment, et nous n'avons pas l'intention de faire de Béziers une république indépendante.
  
    C’est justement la raison pour laquelle il faut poser la question du financement des dépenses sociales dans le pays, et on pourrait même aller au-delà car le problème est mondial.

    Les objectifs prioritaires de toute action politique sont de satisfaire les besoins sociaux de la population, à Béziers comme ailleurs, et de ne pas lésiner sur les dépenses sociales.


    Malheureusement depuis quelques années, les politiques qui nous gouvernent n’ont pas ces objectifs-là et – malgré l’impopularité que veulent en montrer les journaux télévisés : prise d’otages, entrave à la liberté du travail, etc… – les luttes sociales ont le mérite de poser les questions: 

- pourquoi en France, comme en Europe, nos gouvernements ne financent plus la satisfaction des besoins sociaux ? 
- pourquoi les inégalités se creusent inexorablement alors que la richesse globale augmente constamment ?


    Les réponses à ces questions, se trouvent dans les fondamentaux de l'économie politique que nos dirigeants se gardent bien de nous expliquer clairement pour éviter que le peuple necomprenne trop bien les choses.
Essayons d’être plus clairs qu’eux.

    C’ est le travail qui crée la valeur et l’ensemble des richesses du pays et non pas par le marché, comme leprétendent les libéraux.
    Cette richesse produite permet la rémunération des facteurs de production,autrement dit le travail (les salaires) et le capital (les profits).



    Or depuis le début des années 80 le partage de la richesse créée chaque année évolue inexorablement en faveur du capital. Cette richesse, c’est le fameux PIB, « produit intérieur brut », qui est la somme des valeurs ajoutées, c’est-à-dire les richesses nouvellement créées chaque année par les entreprises et les administrations, et prises en compte dans la comptabilité nationale.
En 20 ans, en raison des reculs et des défaites des salariés, la part des salaires dans le PIB a baissé de 9,3%. Cela représente près de 100 milliards d'€ au profit du capital. Autrement dit : les salariés ont perdu, chaque année 100 milliards d'euros récupérés par les propriétaires du capital.

  100 milliards d’euros, c’est à peu près :
- 10 fois le fameux trou de la sécu,
- plus de 20 fois le déficit des retraites.
C’est avec ces milliards d’€ que le financement des dépenses sociales est possible.
 L’argent est là !



Des études récentes de la BRI (Banque des Règlements Internationaux), du FMI (Fonds Monétaire International) ou de la Commission Européenne démontrent parfaitement que cette évolution est au cœur de la mondialisation libérale.



3ème question : Alors pourquoi personne ne le dit ? Pourquoi personne n'en parle?

    Parce que c'est une question taboue, comme le dit F. Ruffin dans Le Monde Diplomatique de ce mois de janvier.
   D’une part il est normal que le patronat soit muet sur la question.
   D'autre part c'est une question qui n'intéresse pas les économistes libéraux, tout occupés qu'ils sont à dénoncer les coûts excessifs de l'Etat, des services publics et de la protection sociale. 

    Par contre, ce qui est inadmissible, c'est le silence total des partis de gauche sur le sujet, en particulier le PS.

Au contraire le PS accrédite l'idée que  les réformes  sont indispensables. S. Royal dit qu'il faut réformer les retraites et les régimes spéciaux, ce qui renforce évidemment la position de la droite libérale et du patronat. Alors qu'en réalité le mot d'ordre de 37,5 annuités pour tous est parfaitement réaliste,
compte tenu du vol des 100 milliards d’€ réalisé par le patronat.

    C’est sur cette question du partage des richesses, que le clivage droite/gauche demeure fondamental.
Ce clivage depuis vingt ans s’est déplacé : peu à peu il devient patent que ceux qui accompagnent les réformes libérales ont changé de camp. C’est évidemment sur cette question qu’une réorganisation de la gauche est en train de s’amorcer.

Cette analyse sur le partage des richesses produites était déjà au coeur des 125 propositions des Collectifs anti-libéraux pour la campagne de l’élection présidentielle.


4ème question: Mais vous n'expliquez pas les raisons de cette évolution du partage de la valeur ajoutée?

C'est une question éminemment politique. 

Elle est le résultat du rapport de force entre salariés (rôle des syndicats, précarité, chômage, …) et propriétaires du capital (puissance du MEDEF, casse du code du travail, avantages fiscaux, chantage à l’emploi/licenciement…). C'est ce rapport de force défavorable qui explique depuis 20 ans le blocage des salaires réels et la remise en cause des financements sociaux.

Le rapport de force, depuis 1945, était favorable àl’ensemble des citoyens, et non aux seuls milieux financiers. Hélas, notre erreur, à beaucoup d’entre nous, et la faute des partis de gauche, fut de (faire) croire que ces victoires sociales étaient devenues un acquis pour lequel il n’était plus besoin de se battre. Alors que tout autour de nous, au moins depuis les années Thatcher, tendait à prouver que la violence économique restait une arme de destruction massive envers la cohésion sociale acquise par les générations de nos parents.


5ème question: Mais précisément quels sont les mécanismes de cette évolution?


    En 1945, les « vrais réformateurs » du CNR (Conseil National de la Résistance) ont mis en place un système de protection sociale financé par la richesse produite par le travail : les cotisations des salariés, mais aussi celle des employeurs, le total des deux cotisations étant en fait un salaire différé qui, au lieu d'être versé directement aux salariés était utilisé pour financer la protection sociale (maladie, retraite, allocation familiales).

 Ainsi, chaque fois que le gouvernement décide d'accorder des exonérations de charges sociales au patronat (toujours en prétextant d'aider les petites entreprises ou même l'emploi) il vole une partie de la richesse qui revenait aux salariés pour la remettre aux seuls patrons.
    Ainsi, ils aggravent le mal qu'ils prétendent soigner... Plus il y a d'exonérations et plus les déficits sociaux se creusent... et plus il faut réformer, disent-ils.

   Autrement dit le financement de toute la protection sociale, des retraites, des maisons de retraite à Béziers, du logement social est possible si l’on inverse globalement les choses, si l’on fait évoluer le partage de la richesse produite d'une façon plus favorable aux salariés.


6ème question: Mais vous dites que le rapport de force n'est pas favorable. 


Comment se fait-il qu’il faille aller chercher dans des journaux peu médiatisés ou sur Internet des informations qui devraient être données au plus grand nombre par les radios et les télévisions ?
   Croyez-vous que les gens soient trop sots pour ne pas réagir aux dérives dont nous venons de parler ?

Nos analyses peuvent sembler « toutes simples », voire trop simples. Donc incroyables. C’est là qu’est le piège. Nous avons réussi à le déjouer lors de la campagne référendaire en 2005, tout simplement en le dévoilant au grand jour. Les justifications embarrassées du PS et de la droite néolibérale n’ont rien pu faire pour nous contredire sérieusement ; c’est à la même attitude d’information civique que nous ne cessons, depuis, d’être fidèles. En continuant à dévoiler et, surtout, à proposer.

    Alors, NON, en effet, à cette étape de l’information, le rapport de force n’est pas favorable aux travailleurs car une grande partie de la vérité est cachée. La partie la plus importante : non pas celle qui concerne les problèmes actuels (nous n’avons pas attendu le MEDEF pour le savoir), mais celle qui nous fait prendre conscience que face à ces enjeux, il existe de réels moyens d’agir en citoyens, dans la liberté, l’égalité et la fraternité. Une vérité se dit tout entière, ou elle n’est pas la vérité. 
   Cette vérité, celle de la lucidité et de l’intérêt général, ne peut convenir à ceux qui ne cherchent que ce qui les arrange, mais surtout pas la vérité. Qui ?
    La droite, n’en parlons pas. Mais aussi le PS qui édulcore, cache la vérité et légitime ainsi les réformes libérales, tout en se contentant de  limiter la casse.
    C’est une trahison pour la gauche et le peuple. Et cela, il faut le dénoncer ! 

   Ce n’est que lorsque la population aura pris conscience du vol opéré par le patronat que l’inversion du rapport des forces se produira. 

C’est cette vérité que nous voulons répandre.
Avec nos mots, nos points de vue, qui ne sont pas sectaires ni exclusifs, qui ne sont pas fermés aux autres.

Cette vérité accompagne chaque chapitre de nos propositions programmatiques des municipales.

7ème question : Bon, d'accord la France est riche et « il y a des sous ».
     Mais comment faire, à Béziers, alors qu’à ce niveau, vous ne pourrez pas modifier le partage de la valeur ajoutée ?


C’est vrai, surtout qu’il n’est pas question de sortir Béziers de la République et d’en faire un territoire indépendant !
Mais réfléchissons à la signification qu’aurait dans le pays une telle victoire à Béziers.
Ce serait nécessairement l’expression locale d’un mouvement plus vaste, d’une prise de conscience qu’il y a une alternative possible au libéralisme en France. Il y aurait une avancée des listes citoyennes à gauche.
La situation politique, les rapports de force en seraient changés, une nouvelle force politique serait apparue en situation de promouvoir ses solutions, d’inverser l’évolution de la répartition de la richesse de ce pays en modifiant le cadre juridique dans un sens favorable au travail.
Honnêtement, nous n’en sommes pas là. Ce sont nos adversaires qui sont aux commandes et qui font évoluer les règles juridiques en faveur du patronat (voir la pseudo négociation sur le contrat de travail).
Cependant, si nous étions élus à Béziers, nous pourrions modifier un certain nombre de choses dans le choix des dépenses.


8ème question : Par exemple ?


Prenons ce que coûte à la ville la famille Nicollin (Groupe d’entretien urbain…, implanté dans une trentaine de villes + en Belgique, au Maroc… 5000 employés, chiffre d’affaire : 227 millions d’€ en 2006) propriétaire de l’ASBH ‘Association Sportive Béziers Hérault).
De l’aveu de M. Couderc (Midi Libre 20-11-07) pour les trois saisons de 2005 à 2007, il a été versé à l’ASBH à la SASP (Société Anonyme de Sport Professionnel, présidée par Nicollin-fils), entre les aides directes et indirectes, en trois ans un total de 1 million 320 000€, auquel il faut ajouter chaque année 250 000€ d’amortissement pour la création de loges qui génèrent des recettes importantes pour la SASP. « La ville a aussi construit une brasserie à la demande de la SASP en vue de lui procurer de nouvelles recettes. Enfin, deux autres postes offrent au club des sources de revenus importantes : la buvette et l’exploitation des espaces publicitaires du stade (…) » (M.Couderc).
 Puisque l’ASBH est une entreprise privée de la famille Nicollin, il n’y a aucune raison de lui donner des millions d’euros !


Autre exemple :


Les zones franches dans des endroits ciblés de la ville devaient créer des emplois dans les quartiers…
Elles ont surtout permis à des cabinets médicaux et à des professions libérales de s’y implanter et donc de bénéficier de l’exonération d’impôts.
 
Où est le bilan de l’opération ?
Combien d’emplois créés pour les habitants de ces quartiers défavorisés ? Combien de manque à gagner pour la ville ?
Il s’agit de cadeaux fiscaux à des gens qui n’en ont pas besoin, qui n’apportent aucun bénéfice à la ville, certains continuant à pratiquer des dépassements d’honoraires, certainement pas des tarifs pour les gens du quartier.


Conclusion 
 
    Il est clair que le financement de nos propositions ne pourra se faire avec le budget 2008 prévu par M. Couderc, ni même dans le cadre juridique et fiscal actuel.
    Cependant, pour les budgets suivants, nous changerons l’ordre des priorités, celles que nous exprimons dans les documents que vous avez déjà eus en main, ou lus sur notre blog, ou que vous pouvez prendre à notre local.
   Certes nous nous attaquons à un travail de longue haleine qui ne peut se concevoir qu’avec la volonté des citoyens de vouloir en finir avec certaines gestions locales catastrophiques et les coups portés par les politiques libérales.
    En présentant aux élections biterroises cette liste  CITOYENS À GAUCHE ! Nous contribuons, avec d'autres dans le pays – et à l’image de ceux qui, dans le monde, ont montré que c’est possible – à l'émergence d'une nouvelle force politique de gauche qui ne pleure pas seulement sur l'inhumanité du monde libéral, mais qui commence à le changer.


Collectif Unitaire d’Alternative au Libéralisme de Béziers – CUALB 30 rue Victor Hugo - Béziers
06 08 18 72 13 cualb@hotmail.com   http://www.beziersagauche.over-blog.com                                                                                                                                http://www.myspace.com/citoyens_a_gauche






 

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